Tribulation d'un "Fada" au Brésil

Tribulation, car l'arrivée en "bateau" sous interdiction d'importation..........promet quelques péripéties, et des états d'âme, de stress.......Et il faut être "Fada" pour si mal préparer son arrivée ....

Déjà une semaine à Itacaré, ma ville préférée ici, au Brésil. Une petite "cidade" 15000 habitants, 350 pousadas, et une forêt " mata atlantica", en bord de mer, cette forêt ancienne qui recèle des milliers de plantes, insectes animaux, et qui constitue à elle seule, un des patrimoines mondiaux des plus importants, comparable au Banc D'arguin de Mauritanie, avec ses phoques moines, et les milliers d'oiseaux migrateurs. Donc Itacaré, sa forêt d'arbres de 20m de haut et sa zone de protection environnementale, qui attire ici des adeptes de l'écologie venant d'un peu partout, avec parfois des projets très concrets : acheter des hectares de forêt pour la soustraire aux démolisseurs. Il pleut beaucoup, la forêt est contente, mais je commence à avoir de l'herbe sur la coque.
Cet estuaire, le Rio das Contas, se prêtais dans le passé à l'accueil des pirates qui venaient se cacher ici, à l'abri de la mangrove, et des palétuviers. (je n'ai pas encore vu si leurs fleurs sont vraiment roses ). Aujourd'hui, il y a plusieurs endroits ou un voilier peut rester au mouillage, à l'entrée derrière le phare, puis à la "punta Xareu", le courant y est très fort, le meilleur endroit se trouve à la fin de la plage de la "Orla", avant "Balsa",là d'où partait un bac, vers le banc de sable qui ferme l'estuaire. En suite il y a plusieurs endroits en remontant le rio das Contas.
Ce soir super concert de hard rock "évangélique". Ben , oui, le Brésil aujourd'hui, semble très ..........évangéliste... Un zeste de rejet du catholicisme, et de la papauté, un peu partout, on trouve cette inscription " deus è fiel " ( dieu est fidèle ), mais pas le pape ??.
Je m'incruste un peu ici..........à voir........
Tous les terrains qu'on m'a proposé à l'achat se situent dans une zone revendiquée par les "Quilombos". Une particularité encore, du Brésil . Ici d'anciennes tribus noires réfractaires à l'esclavages, et qui avaient réussi à vivre une certaine liberté, continuent d'exister, et de lutter. Elles ont obtenu reconnaissance "d'un droit à la terre", et certains terrains sont rachetés par le gouvernement dans le but de les leur rétrocéder. Des milliers d'hectares. Je trouve ça excessivement bien, humain, juste . Il se passe un peu la même chose pour les indiens d'origines . Un peu partout dans le monde les colonisations ont détruit les peuples. Ici il semble que les peuples cohabitent avec une certaine recherche de justice humaniste très pragmatique. Je veux dire que la pensée, la philosophie, est suivie d'actes, de lois. Ainsi le droit des Quilombos est inscrit dans la constitution brésilienne.

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Depuis deux jours , "Skokiaan", enfin, son moteur, ne veut plus démarrer. C'est inquiétant quand les forces extérieures se liguent contre soi. Surtout à l'étranger, on est étranger, et en plus " le malin" s'en mêle.
Très simple en fait. Pendant un mois et demi de descente depuis la Martinique jusqu'a Itacaré, j'en ai pris plein la .... de l'eau de mer, et Skokiaan aussi, et le contacteur du démarr...eur aussi. Alors aujourd'hui, il fait grève.
Mais comme je n'accepte pas que le "Malin" se croit tout permis, j'ai alimenté le démarreur par un fil et un interrupteur tout neuf , et voilà , ça marche, le "malin" a été vaincu . C'est un peu comme ça qu'ils raisonnent ici, Deus et Satan. On va continuer de préférer la "raison", la "science", je les aime beaucoup ces brésiliens , quand même.
Mais bon, ils croient plus qu'ils ne raisonnent, c'est ce qui les rends sympathiques et ...................fatiguant
.

ça vous fait rire ??? Et les discussions, négociations pour trouver une solution pour le bateau ??? je vous dit pas........Ici, un garçon se dit " rapaze", mais en fait, ces "garçons" qui me courent après pour me proposer des solutions miracles, ont tout à fait l'air de "rapaces ". La différence à l'écriture est mince. Mais bon, un rapaze c'est un gars qui cherche à recevoir 10, ou 20, voir 30 % de ce que je vais payer pour un service. Idem si j'achète des vis,
Il faut changer de boutique pour avoir in fine un prix raisonnable. Pour celui qui a, marqué sur son front , "touriste", ou " Loco", tout est plus cher de 150 %. ça reste un pays superbe.

Ce que je n'ai pas dit dans ce petit conte, c'est qu'il m'a fallu chercher une dizaine de "lojas", ou magasins, pour trouver un peu de fil électrique et quelques raccords à souder, une journée de déambulation dans les rues de cette ville qui n'aura bientôt plus aucun secret pour moi.


Aujourd'hui, pas envie de sortir du bateau.... Je sors quand même, et c'est la cata, je crève l'annexe sur des coquillages, puis c'est le pied ......C'est pas un bon jour......Mais bon, du coup, plus rien pour retourner au bateau, qui sans annexe, est inaccessible, tout seul au milieu du Rio. Je cherche un "canoa" d'un "passeios". Il y a des gars qui font traverser le rio aux touristes. En fait, c'est un pescadore qui me ramène gratuitement au bateau, en m'expliquant qu'il font payer les touristes, mais, ici ,c'est une communauté de pêcheurs, et s'il y en a un qui a un problème, un truc imprévisible, alors on rend service, gratuitement. Alors ce soir, je suis assez fier de voir que je fais déjà un peu partie de cette communauté de "pescadores". Il me donne aussi son téléphone pour pouvoir l'appeler demain quand je voudrais revenir à terre. C'est toujours les gens les plus pauvres qui sont près à donner leur chemise si besoin. C'était comme ça aussi en France , quand j'avais les ruches, une panne de camion ....les paysans étaient toujours là.

Anne " belle leçon de vie..."

Patrick " reste méfiant"

Moi : Oui, Aujourd'hui un Brésilien "blanc" m'a déconseillé de m'installer ici, disant que les "noirs" sont racistes.
Il a ajouté, qu'ils s'étaient tous bien marés en apprenant que j'avais crevé mon "canoë".
C'est de bonne guerre, ils m'avaient bien prévenu : " Oh gringo, non pas là le canoë ".
Ce matin j'ai payé le "noir" qui est venu me chercher sur le bateau pour me ramener à terre, normal; C'est le seul qui m'avait vu faisant des appels de la main........
"Pauvre" en France, "Riche" ici, c'est sûr que c'est délicat, en plus c'est une situation dont je n'ai pas l'expérience.
Il va falloir que j'aille faire un billard au bar populaire du coin. Ils m'ont demandé si je jouais au billard, je crois que c'était une invitation. Faudra-t-il que je perde honorablement, ou que je gagne avec modestie ????
De toute façon je perdrais, j'y ai plus joué depuis 20 ans.
Anne : Ma mère t'aurait dit : "attention qu'ils ne te fassent pas le coup du père François !" ce qui autrement dit signifie : "si tu es seul on te sait vulnérable et on peut te couper le cou." Au cours de mon voyage autour de la terre, il m'est arrivé de le penser, cela pouvait être mais ne fut pas...coup de chance ? Hasard ? Il est difficile de se dire qu'on doit rester vigilant ce qui revient à ne pas faire vraiment confiance ; tu es au coeur d'un problème que tu as toujours connu ....Tiens, tiens... Voyage initiatique ? Bisous, dis-nous ce qu'il en a été pour le billard...

Moi : On est pas en Europe, ici. ça fait trois jours que mon "canoé" est sur un rocher en attendant que la réparation sèche. Personne n'y touche ; bien sûr ça peut arriver, et je suis pas excessivement tranquille.Mais je n'ai pas d'autres solutions. Et puis je fais attention à mon comportement, je me montre plutôt économe, modeste, ...etc ...j'essaie de ne pas susciter de sentiment de jalousie. Profil bas........

Patrick : en fait il faut naviguer et jamais rester sur place
Moi : J'ai toujours beaucoup aimé ces champs de coquelicots qui poussent avant ou après une récolte ...
Aujourd'hui, j'ai défendu mon "canoa" que des "sauvages" avaient retourné...(je sais pas qui en fait ).....J'ai signifié à tous, alentour, que c'était à moi, et que personne n'avait le droit d'y toucher. Évidemment le seul qui m'a écouté , c'est un gars assez nerveux, qui s'est mis lui aussi en colère, et a parlé très vite en Brésilien. Donc j'ai rien compris. Puis il est allé pécher ailleurs, ainsi que deux femmes qui étaient à coté. Une d'elle a montré des signes de sympathie, l'autre passée sans rien dire. Je savais que ça ne pouvait pas durer, de laisser traîner un canot, sur les rochers, quelqu'un chercherait à se l'approprier, ou s'amuser avec, et j'étais venu ce matin,pour marquer mon territoire, finir la réparation, et l'enlever.
Mais le plus étonnant, c'est la venue d'un gars assez jeune, qui s'est présenté comme un ami du français "éric" avec qui il m'avait vu l'avant veille. Puis il m'explique très calmement que le gars qui s'est énervé, a des problèmes "dans sa tête", qu'il a assassiné son enfant parce qu'il pleurait trop, et que je devais éviter de "discuter trop fort avec lui".
Je me suis dit : " t'es vraiment un con , il faut toujours que tu mettes les pieds dans le plat ". On se refait pas.
Mais, bon... un étonnement de plus, que ce jeune qui vient m'expliquer toute cette histoire.
 


Après les surprises humaines, les joies animalières :
Les oiseaux ont repéré "skokiaan" nous faisons partie du paysage, et un crabe est remonté dans l'évier par le tuyau d'évacuation. Pas très romantique , d'accord.
Il insiste ,le crabe, revient tous les jours.
Les deux oiseaux reviennent aussi régulièrement; je les préfère.

Bon, allez, je me jette à l'eau, "Samedi" ce soir c'est fête, je vais aller boire une caipirinha en ville, ce qui veut dire, dans la nuit qui est déjà installée depuis une heure, prendre le zodiaque, mettre le moteur en marche, parcourir 300m dans le noir, la musique et le bruit des vagues, pour arriver sur la plage, éviter de se faire tremper en arrivant, attacher le zodiaque, ...........et revenir plus tard, titubant , vers le zodiaque..."Titubant" , j'exagère un peu, mais ça pourrait arriver. C'était pour vous mettre dans l'ambiance de la vie d'aventurier. Déjà aller boire un coup est un "deal" pas évident.


Vous saviez que les indiens d'Amazonie, tirent leurs connaissances pharmacologiques de la communication avec les plantes, dont notamment, l'ayahuasca ? Ces pratiques sont reconnues dans les pays d'Amérique du Sud, et le Pérou a inscrit dans sa constitution, la défense de ces pratiques en tant que patrimoine culturel, et humanitaire. Car la plus part des remèdes utilisés par la pharmacologie occidentale, ont d'abord été découvert par les indiens d'Amazonie.........

Anne : "La véritable aventure se dispense de gourou, elle n'est qu'instinct et prémonitions personnelles, mais elle oblige à la solitude, et ça.... ! Bisous Luc, reste sage, il faut l'être quand on est un aventurier".

Moi -Oui, bien sur. Il y a ,ici, des associations très sérieuses qui "travaillent " avec "l'ayahuasca". Pas des gourous, des gens qui ont un peu d'expérience, et la font partager. Tu sais bien, moi, si je sens "gourou" quelque part, je fuis.

En dehors de la question des pratiques, ce qui me parait très fort, c'est que les gouvernements d'amérique du sud s'impliquent et défendent ces pratiques culturelles, au plus haut niveau. Ce n'est pas nouveau, mais je n'en savais rien. C'e...st un mouvement qui semble prendre de la puissance, et qui pourrais bien contrer utilement cette "putain de saloperie, de merde, de civilisation occidentale " . Voilà c'est dit, il y avait longtemps que je n'avais pas dit de "vilain mots".

Anne -Il faut avoir du chaos en soi pour accoucher d'une etoile qui danse" (Nietzsche), donc esperons !!!...

 


L'an dernier j'avais vu un terrain de 23 hectares, au bord du rio, et j'avais commencé à rêver. Mais bon, un peu cher, l'héritage pas réglé.....Hier je revois ce site, et je fais une proposition, ils me rappellent aujourd'hui, la proprio veut me voir.... Et voilà, je suis sur le point d'acquérir ce site, une place devant pour le bateau, des arbres centenaires, une plantation de cacau, une colline ...de "mata atlantica", une petite cascade....Vous voulez bien prier pour moi, que ce soit pas une arnaque ......??
Et en plus l'intermédiaire devrait me trouver une solution pour légaliser le bateau.
Si ça se fait , je vais lui changer son nom pour: " Au hasard des signes",
en Portugais ça va donner : Ao acaso dos sinais, ou Ao acaso dos simbolos.
J'ai pas encore choisi entre ces deux formules.

Anne : En voilà une nouvelle ! tu nous demandes de prier maintenant ! ;-)) Je t'envoie des bonnes ondes, ça je préfère, mais prends ton temps tout de même pour te renseigner auprès des Autorités Locales pour voir si le terrain est bel et bien "ven...dable", si le nom des propriétaires correspond bien, si le prix demandé correspond à ceux pratiqués, etc ...Enfin, je pense que tu sais tout cela mais quand on n'est pas dans son pays on a parfois des surprises, encore que même chez soi on n'est pas à l'abri. Quel est cet intermédiaire ? S'il te présente le proprio demande les papiers d'identité, va au cadastre...bon je vais m'arrêter de faire l'oiseau de malheur, et tu pardonneras mon côté un peu méfiant, développé par mes nombreux voyages ....Bisous, donne des nouvelles.

Patrick : te voila redevenu capitaliste avec cette envie de posséder propre aux occidentaux !!! Mais espère tu l'auras si tu es bien

Moi : Ben Oui, ........ besoin de faire comme ces premiers animaux marins qui se sont accrochés tels des "arapèdes" , sur les rochers, pour mettre "pied à terre" et délimiter leur territoire.......Pas évident de bien dormir !!........ Oui Anne, toutes tes interrogations sont pertinentes, surtout qu'ici, la propriété des terres est récentes, les terrains pas tous cadastrés..... Je vais voir ce matin le "Cartorio" équivalent du notaire, et je vais demander une rencontre sur le terrain avec les propriétaires voisins. Compliqué tout ça ici , car en même temps il faut se limiter aux "possibles" en rapport avec les pratiques locales.
J'ai un peu des "amis" récents, de l'an dernier, qui parlent bien le Portugais et Français, donc ça va.
Bon, pour "les prières", je savais que ça vous ferait rire, mais bon ....quand même, on sait jamais, ça peut aider. à plus......


Dans quelques semaines je serais restaurateur, organisateur de concerts, paysans producteur de Cacau, ou j'aurais repris la mer faute de trouver une solution d'importation pour "Skokiaan".
Après un mois ici, à Itacaré, le bilan est ..............mitigé ??? .........
J'ai rencontré des gens, il y a deux personnes qui disent pouvoir légaliser ce "Boat". Pour l'un il s'agit de déclarer avoir "trouvé" une épave que j'aurais restaurée. Une déclaration à la "Capitania dos portos", et hop, 10.000 réais , et tudo bom, un bateau brésilen tout neuf ??..... L'autre évoque un scénario proche, avec l'intervention d'un ingénieur, et pas de prix, ou alors il me vends ses papiers d'une vieille barque de pêche qui serait !!!!! transformée en voilier. Tout ça n'est plausible qu'avec la bienveillante complicité de "Quelqu'un",on y revient.
Le temps passe, le 9 Juillet je devrais sortir du Brésil. Nous sommes le 30/06/2012. C'est férié ici jusqu'à Mardi, jour ou j'irais déclarer ma sortie officielle du territoire brésilien. Ensuite, je sais pas encore, peut-être "me mettre à l'ombre",


Et voilà le terrain que j'ai en vue depuis un an déjà, au bord du fleuve, avec un restaurant et une plantation de Cacau, bananes, coco et une colline de Mata Atlantica (forêt très dense), 23 hectares en tout. Il y a déjà un couple assez âgé qui gère le restaurant rudimentaire. Un ponton pour les bateaux .Voilà, vous savez tout, vous pourrez venir faire un tour dans quelques mois, c'est une région superbe.

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Patrick : Te voila entrepreneur !

Sandra : Luc, c'est super ça! Bravo! Tu es très courageux, et je suis sure que tu vas faire de belles choses dans ce lieu, mais c'est vrai que tu vas planter du cacao?

Moi : Bonjour Sandra, c'est déjà "uma roça de cacau", il doit y avoir 300 pieds de cacau, sur deux ou trois hectares. Il faut juste les entretenir, "matar as formigas" et mettre de l'engrais, débroussailler un peu. C'est "sympa" d'imaginer faire son propre "mel de cacau" pour le petit restaurant. Il y a bien sur quelques cocotiers, des manguiers,......et d'autres fruitiers que je ne connais pas.


Sylvie : te voilà donc riche proprio, bravo...je retiens l'adresse biz

Moi : Ah !!!!!! c'est pas encore fait ..... bientôt j'espère ......

Anne : Salut proprio de terres et de rêves, Dis donc tu as la forme pour penser débroussailler tout ça ! Ok pour les vacances si tu scalpes les moustiques et autres bêtes sympas qui m'aiment beaucoup...En tout cas chapeau et bon courage. Bises.

Moi :Oh !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! c'est pas encore fait. c'est pour ça que je vous ai demandé de "prier". Et je vais pas débroussailler 20 hectares: non, entretenir 4 hectares de grands arbres sous lesquels sont plantés les Cacaus. Le cacau est un arbuste fragile qui a besoin d'ombre. Quant aux moustiques, ils sont assez voraces dans ces endroits près des Rios; . Mais il paraîtrait qu'avec le temps notre corps réagit et que les moustiques sont moins intéressés ?????
à lire toutes vos réactions, je me dis que je dois être "fada en plein ". ça doit être vrai d'ailleurs.

Anne : Gagné ! YES tu es fada, mais ça on le savait.... :-) Quant aux moustiques, je peux te dire que depuis que je suis née mon corps ne s'est pas habitué....l'Afrique du Nord, l'Afrique Occidentale, l'Asie, l'Australie..etc sont pourtant de hauts lieux d'expérimentation. En revanche, je n'ai pas chopé le palu contrairement à beaucoup d'autres...mais ça il parait que c'est un cas sur des milliers, génétique ? Non, à moins que ma mère m'ait refilé ses anticorps puisqu'elle l'avait eu, ainsi que la dingue avant ma naissance. A l'inverse j'ai développé des allergies pas possibles aux piqûres d'insectes, voilà quelques jours j'ai été terrassée par 40° de fièvre, l'impossibilité de m'appuyer sur la jambe mordue par une araignée, alors si je viens je prends un scaphandre ! Bisous l'homme des bois, tiens-nous au courant.


Moi : C'est fait, je suis allé déclarer la sortie du bateau, du Brésil, et moi avec. J'étais assez en colère aujourd'hui, contrarié, en plus c'est la pleine lune. J'ai croisé "Harold" à la police fédérale. Harold a acheté de "la forêt" pour la protéger.....
Je reviens à Itacaré, et je vois "Joao" qui me dit que ça va pas. Vitorio a su que j'étais passé "faire ma sortie", alors son contact ne pourra pas me faire les papiers; D'après ce que j'ai compris, ils ont peur.
Ils croyaient pouvoir me faire des nouveaux papiers, sans aucun risque, et de savoir qu'on a des démarches à faire, ça les remets au contact du réel. Pour faire ça, l'argent ne suffit pas, il faudrait qu'en plus ils aient envie de rendre service...................
Je ne sais plus quoi faire.
Je viens de relire des mots écrits pendant ces cinq mois en mer, et je me souviens........et je me dis que dans ces moments de solitude en mer, il s'est passé beaucoup de choses, d'émotions, de découvertes. Depuis que je suis ici, encombré par ces problèmes matériels, je me perds. Je m'éloigne de ces moments de conscience particulière. Et je me dis qu'en m'installant à nouveau quelque part, je vais perdre ce contact avec "moi". ça été tellement nouveau, fort, difficile, mais intéressant, riche. C'est fragile, un fil très fin nous relie à notre intériorité, et ce fil se délite très vite. Mais j'en avais mare d'être en mer.........En même temps, c'était bon de me projeter dans un lieu, faire des plans, envisager une piscine naturelle, des "choses" à apprendre sur les équilibres fins de la nature.....Et puis, il y aurait toujours le bateau pour m'échapper .......



Magali : hou la la!! Faudrait passer un petit coup de tondeuse la qd même!!!

Moi : C'était de la Martinique à la Guyane, j'avais encore ta casquette. Depuis je suis allé chez le coiffeur. Mais il pleut tellement que ça repousse plus vite. Bises

Sylvie : c'est comme le gazon, t'arrose ça pousse !

Moi : Bonsoir Magali,Anne, France, Bernard, Violaine, Sandra,Sylvie.........Pour te répondre Anne, au sujet des moustiques,on s'habitue pas aux moustiques, mais les brésiliens disent qu'en vivant ici, à force de piqûres, le corps produit une sorte d'anticorps qui est désagréable "aos mosquitos".
Par ailleurs, je vois que "France" apprécie que je me "traite" moi-même de "Fada". Ben, oui, c'est pour ça que je viens ici. Car,......ici,....les fadas,....on les laissent vivre,......ils sont dans la rue, font partie du paysage quotidien, ils font rire de bon coeur quand on les voit passer , parlant tout seul, à la cantonade,...parfois assez énervés les soirs de pleine lune .Chacun y va d'un rire franc, ou d'un sourire inquiet, mais personne ne jette la pierre.
Alors, je crois que ça va aller. Depuis trois jours, une amie qui gère une pousada avec son compagnon, a trouvé une "faille", une possibilité légale pour un bateau. Alors je suis, pas à pas, le fil. C'est un fil avec des coupures. Ce fil renvoyait à la receita federal , équivalent des douanes, et là , rue barrée , demi tour. Puis l'ouverture se trouve être vers "une autre administration" qui comme son nom l'indique, s'occupe de bateaux. Oui, là on peut trouver une solution, de Maceio, à Natal, Fortaleza, Salvador, tous les "bureaux du même nom" disent, "nao problemo" , vous devez demander un titre d'inscription " do barco". évident........ mais il faut "um seguro", une assurance. Ok , je vais à la banque , ils font les assurances, et bien sûr, ils disent : " il faut le N° d'inscription du bateau pour faire l'assurance". ça recommence à tourner en rond. Le gars de la banque me montre qu'en essayant de faire mon contrat, le computador demande le N°....j'essaie de lui expliquer à ce "gars de la banque", que les "computadors " sont fait pour faire ce qu'on veut leur faire faire, et non pour diriger notre vie.........
Il appelle un gars de l'administration en question, et celui-ci m'invite à venir le voir. J'y vais, et je me dis "je l'ai vu quelque part". Je lui explique qu'un ami m'a donné un vieux bateau, il y a quatre ans ici au brésil, que je dois le rénover, et que pour ça, je souhaite obtenir le "titulo de inscriçao no registro de imbarcaçao". Il me dit qu'il faut d'abord présenter une attestation sur l'honneur, de propriété, faite devant un "notaire". Bien sûr, j'atteste tout ce qu'il veut. Puis il me demande si c'est moi qu'il a rencontré il y a 30 jours à Itacaré, avec un voilier. Je lui dis que comme étranger, j'ai du mal à me souvenir de tous les gens que je rencontre. " tudo bem", il me recommande de revenir le voir si j'ai des difficultés. Poignée de main ferme, "obrigado a vocè"............................Je sors de là, tout content. Enfin un contact qui ne me dit pas " Nao è possivel ". En plus il a dit le mot magique; vous revenez avec déclaration de propriété, et on fera un "protocolo". Ici un protocolo, c'est un papier qui dit qu'une demande est en cours d'instruction, et en attendant le résultat, on est en règle .. Donc je sens que ça va aller, du coup j'avance un pas de plus pour l'achat d'un terrain, et demain je vais faire un tour avec le bateau , vers la Guyane, pour le mettre à l'abri des regards indiscrets. Vous comprendrez à demi mots ???????? à bientôt, pour la suite des aventures d'un "Fada" au Brésil. Bises

Anne : Titre de ton futur bouquin : "les tribulations d'un fada au Brésil"....... Histoire de coupures (...), Bon, étonnée que tu ne te mettes pas en colère comme d'hab. Donc, tu changes ! Salut bas pour ta compréhension de la langue, ça ne doit pas être facile. Allez, encore des news, c'est la bande dessinée de l'été !!!!!!! Bisous.

Patrick : en fait les administrations sont partout identiques !!

Moi : Eh Oui, mais, ce n'est pas pire qu'en France. J'apprends des "trucs", contraint et forcé. Ici, si je me mets en colère, j'arriverai à rien, et en plus je me grille, et comme je préférerais rester là..........je fais des efforts inattendus, je m'étonne tout seul . En plus, ils ont raison de défendre leur industrie, leurs entreprises. Et puis, par dessus tout, "mentir", j'aime pas ça ; alors j'essaie de mentir à moitié. J'ai l'impression qu'ils n'attendent que ça, qu'on sache arranger le réel, pour rendre une "version des faits" plausibles, de façon à ce qu'il n'y ai pas de problèmes..........mais il est clair que je vais devoir "aider un peu", pour que l'un ou l'autre garde les yeux bienveillant et continue de croire "mon histoire"; le tout c'est de savoir à quel moment et comment il faut faire une proposition subtile selon les codes habituels, ici. L'amie brésilienne était flic avant de gérer une pousada, alors j'ai les tuyaux qu'il faut. Quand c'est trop compliqué, elle m'accompagne. Sans ce genre de soutient, je serais bien en peine.
A part ça, la langue portugaise est très proche du français, on dit "obrigado" pour "merci", ce qui renvoie à une expression de vieux français "je suis votre obligé", "atençao" = attention, " onnibus"= omnibus, pessoa = personne, etc ......il y a aussi "ninghem" qui vient de l'argot marseillais "dégun" = il n'y a personne. Là, je déconne un peu ; Lento = lent, perto = près , etc....A l'écrit c'est assez facile, mais par contre quand ils parlent vite, impossible de comprendre quoique ce soit. Il parait que ça vient tout seul, en étant immergé dans le Brésil.
Ce matin le bateau a failli être emmené sur le sable par les "baroneses", Ce sont des amalgames de plantes, feuillages, bout de bois, qui flottent sur le rio et descendent quand il y a de fortes pluies. Là c'était une "île" de feuillages de 15m de long, 3m de large, qui s'est enroulée autour de la chaîne d'ancre, puis du bateau. L'ancre a reculée de 30m puis s'est arrêté. Les pêcheurs sont accourus pour me prévenir, je comprenais rien, sauf le mot "baronese", et leur excitation qui me disait qu'il fallait que je bouge.
Heureusement , il y avait un voisin avec un catamaran qui m'a proposé un coup de main. On a essayé de couper ce "truc" en deux, mais la partie émergée est très fine, tandis que sous l'eau, il y avait un mètre de végétaux entassés serrés. J'ai passé un long bout autour des végétaux, et il a tiré tout ça avec son bateau. ça c'est bien passé. Mais seul, j'aurais eu du mal. Je savais que ça arrivait de temps en temps, et j'avais acheté tout de suite en arrivant ici, une machette , mais j'avais pas imaginé que c'était si épais. Je suis monté dessus les végétaux, ils portaient facilement mon poids. Voilà, pour les dernières émotions fortes.
Je vais sortir d'ici demain, partir ailleurs, je n'ai plus de drapeau français, bientôt le bateau ne saura plus comment il s'appelle.

Voilà, deux jours plus tard, je suis dans un autre lieu, une baie, à l'abri des regards, le nom du bateau s'est partiellement effacé, le drapeau en lambeau.
Aujourd'hui, 9 Juillet, je suis allé à Valença pour refaire mon entrée sur le territoire brésilien, mais il n'y avait pas de "police fédérale".
Une journée de bus et de transferts en navette pour rien. Je suis de plus en plus précaire.
Lidia me dit que ça va pas être simple de faire cette déclaration de propriété sur l'honneur, devant le Cartorio.
On verra, j'ai rendez vous Vendredi.
J'ai hâte que cette situation voit un début de solution, que ça avance.....
Je repense à toutes ces années d'angoisses, passées en France avec mes constructions "illégales". Je m'étais dit que je ne voulais plus de ça, et pourtant, je me suis mis encore dans une situation bancale.
Quand je suis arrivé à Belem, et qu'à la "receita federal" ils m'ont dit que je ne pouvais pas importer le bateau, j'ai été étonné, j'étais complètement "sonné" par le coup, tout mon rêve d'installation au Brésil s'effondrait. Je me suis vu faire demi tour, retourner en Guyane, puis aux Antilles. Mais je pouvais pas, je pouvais pas échouer . Alors, j'ai continué ma descente vers Bahia, Itacaré. Mais je me suis souvenu qu'on m'avait raconté des histoires d'importations impossibles, et je n'avais pas écouté . Pas vraiment entendu . Sans doute que j'avais trop envie de descendre en voilier, pour "entendre" tout ce qui pouvait contrecarrer mes projets.
C'est donc bien l'inconscient qui dirige ....................... Mais est-ce "qu'il " va aussi me sortir de ce merdier ???
Peut-être sait-il déjà que tout va bien se passer, j'aimerais bien en savoir autant, et être aussi sûr de lui.
C'est bizarre; si tout se passe bien, et pour l'instant, depuis mon départ de France tout s'est bien passé, je serais super heureux.
Mais si j'avais su vraiment, avant, je crois que je ne serais pas parti en bateau, ou pas dans ces conditions. C'est peut-être pour ça qu'il est là , " l'inconscient ", pour nous aider à "être" ce qu'on a au plus profond de nous.
Je n'avais pas compris que ça pouvait fonctionner comme ça, pourtant j'en ai passé du temps à réfléchir, à essayer de décrypter
les messages invisibles, des années ....................................................................
Par moment, je me dis, à quoi bon insister, c'est simple, je peux partir, et puis voilà. Mais ou aller ??
Au sud, l'Uruguay, L'Argentine, les conditions de séjour d'un bateau y sont les mêmes, calquées sur le Brésil, dans le cadre du "Mercosul", un genre d'Europe de l'Amérique Latine. En plus dans ce sud, les conditions de navigation sont plus difficiles, des tempêtes et peu de port.
Donc, beaucoup plus difficile que le Brésil, il y fait plus froid, et ça , pas envie du tout.
Remonter au Nord, c'est possible, mais pas en Juin, Juillet, Aout, Septembre, c'est la saison des cyclones en Amérique Centrale.
Tous les bateaux qui sont là haut, s'en vont chercher un abri ailleurs. Reste La Guyane et sa petite ville sympa de St Laurent du Maroni, mais avec ses "eaux marrons". Baignade impossible, et paysage marin assez "tristouné ". Même en faisant des efforts, c'est pas évident d'aller ailleurs. Et puis je veux pas "échouer" , c'est ce qui serait le plus difficile. Je me sens comme ces Africains venu chercher le "paradis" en France, et qui ne l'ayant pas trouvé, refusent pourtant de repartir chez eux, d'échouer devant leur famille, leurs amis .................. Mais peut-être est-ce plus profond que ça.
J'ai croisé Éric, on a fait les mêmes chemins, désunions, enfants éloignés, oubliés .....
J'ai croisé Marc, il est venu ici en voilier, et il vient aussi du Maroc, ou il est né, comme moi.
Beaucoup de point commun, mais je ne sais pas ce qui nous anime......................
Par contre dans ces voyages longs, que ce soit en Afrique ou au Brésil, on voit autre chose qu'au cours d'un voyage touristique
de 15 jours. Pour moi ce qui est très présent, c'est la notion de "pays", d'appartenance, la réalité des états, des administrations,
autant de "choses" que l'on sait en théorie, mais auxquelles on est confronté avec plus de vigueur et de concret. Et je sens au fond de moi, une revendication à être traité comme un "humain", un citoyen du monde. Un besoin, une envie de faire tomber toutes ces barrières, ou de ne plus les voir. Bon, c'est un peu le même besoin qu'en France, voir tomber en désuétude toutes les lois casse pied, envie de dire merde à tous ces fonctionnaires miteux , ces administrations qui pourrissent la vie des honnêtes gens. C'est partout pareil, mais si on ne voyage pas assez longtemps, on ne peut pas s'en rendre compte, et mesurer à quel point les administrations, les dirigeants du Monde sont d'abord des "liberticides", des "choses" qui abusent de leur pouvoir, et c'est général. J'ai bien évoqué ces lois brésiliennes qui voudraient une réforme agraire, qui pourrait se traduire par une redistribution des terres. L'idée est généreuse, mais en lisant un peu plus sur ce sujet, et en voyant quelques statistiques, force est de constater que s'il y a de l'argent des impôts consacré à ces projets, dans le réel, ces lois ont été peu appliquées. Dans le monde, il n'y a guère que les lois scélérates ou inutiles qui sont appliquées .
Peut-être, que comme Éric, ou Marc, je suis, un peu, à l'image de ces méduses flottantes à ailettes, "les vélettes" qui remontent au vent et contre le courant pour aller d'un continent à l'autre.........................Oui, mais pour faire quoi ???? Polliniser, comme les abeilles, offrir sa semence à qui en voudra, reproduire à l'infini, cette tentative désespérée des arapèdes, de s'accrocher à un nouveau rocher, une nouvelle terre, un nouveau pays, pour ..........................................y faire quoi ???? et bien !!!!! ............j'arrive à la réponse .......................que je découvre au fil des mots, .........: continuer à vivre, ...tout simplement.......en fait.
Car ......oui, il n'y a que ça finalement,........vivre, et ..................être. Tiens , je crois que j'ai enfin compris ce que ça voulait dire, ............"être".
Je croyais "qu'être", c'était le contraire de "faire". Pour certains, sans doute, mais pour moi, "être" c'est "faire ce que je ressens", et je ne peux pas rester à "bader" sans rien faire. Bon, on verra bien, si tout ça va marcher, le bateau, le terrain .
Dès que j'aurais des papiers brésiliens pour le bateau, je le rebaptise " Ao acaso dos signos ", et je lui refais sa peinture de coque, vert turquoise clair.

Anne : "Au hasard des signes", l'homme ne trouve-t-il pas sa vérité ? Ton récit est touchant, troublant même car il pose toutes les questions qu'un "être" peut se poser où qu'il s...oit, quoi qu'il vive. Si tu avais rêvé pour rien, serait-ce un échec ? Je ne le pense pas, car tu le sais bien que le but du voyage n'est que le voyage, un périple sans fin vers un horizon qui se dérobe à chaque pas. Tu te heurtes aux mêmes constats sur l'humanité, et finalement, le monde meilleur où est-il si ce n'est à l'intérieur de nous quel que soit notre environnement, envers et contre tout, ai-je envie de dire. Ne va pas dans les eaux tourmentées ou boueuses, le coin que tu as choisi est sans doute le plus adapté, mais si cela n'est pas possible, ferme les yeux et pose un doigt sur la carte du monde... J'imagine que dans ta situation, je choisirais le vert turquoise de la Nouvelle Calédonie ou de Tahiti (ne pas croire que sur cette dernière île on vit forcément à la manière des touristes. J'ai un jeune ami là-bas qui vit hors de ces sentiers là.) Nous en reparlerons, courage Luc et grosses bises. ‎
Patrick : Quand j'ai voyagé en Europe de l'est j'ai rencontré tout ces soucis , d'une autre manière !! Mon avantage c'est que je n'avais pas de volonté d’installation et d'ailleurs je sais que je ne bougerai pas !! J'ai bien l'intention de remettre m...on sac à dos, mais mon pays mes racines c'est la France et je ne quitterai pas cette terre. Là tu es dans l'immigration dans un libéralisme internationale !!! Je ne sais !!! Mais comme tu te bats que les accords existent, tu vas avoir une solution !! Je le crois

Moi : Oui, il faut que j'apprenne à mentir, avec aplomb, sérénité. Je crois aussi que ça marchera, mais pas grace à des accords internationnaux; non, les pays d'Amérique du Sud protègent leurs frontières économiques, et les lois sont opposées aux... exportations.
Si ça marche, ce sera parce que j'ai rencontré suffisamment de personnes qui ont envie de me donner un coup de main, et donc je fais un peu déjà partie du "pays". Et c'est un peu comme si ,enfin de compte, le peuple vivant avait autant de pouvoir que les lois . C'est sûr que si j'étais aussi rejeté par les gens que par les lois, ce serait pas la peine d'insister. Tandis que là, sans préjuger du résultat, ce sont les fonctionnaires de la marine, eux mêmes, qui m'ont indiqué les possibilités "légales" que je pouvais utiliser. Ce qui a été déterminant pour l'instant, c'est la présence d'une amie brésilienne, qui d'une certaine manière représente un peu " la volonté populaire", une caution de quelqu'un "d'ici".
Bon, mieux vaut ne pas me réjouir à l'avance, rien de fait pour l'instant. Mais bon, l'humeur aussi sera déterminante, alors autant avoir le sourire.

Dix jours pour faire une déclaration de propriété d´un bateau, et la faire enregistrer chez un ¨cartorio¨ ou notaire. La capitania dos portos accepte ma déclaration, mais il faut la carte d´identiité étranger pour déposer le dossier. donc, il faudra attendre encore un peu, mais c´est en bonne voie.

Mercredi 25 Juillet, je rencontre La vendeuse du terrain, avec mon "conseiller". Le "rapaze" qui sert d'intermediaire, et que je voulais éviter a réussi a imposer sa presence . Il s'avère que lui et la vendeuse ce sont mis d'accord pour me dire qu' ils vont faire les "papiers" pour pouvoir vendre, transfert au nom de la vendeuse , plan de geometre, mais que cela va coûter 20000 reais, et que je dois en payer la moitié. Je dis clairement au "rapaze" que ce n'est pas ce qui avait été négocié, que je ne lui fais pas confiance, et que je ne paierais rien de plus que le prix global sur lequel j'ai donné mon accord. Sur ce, je sors en colère, et je laisse mon ami "conseiller" continuer la discussion. Plus tard , j'apprends qu'ils acceptent de payer les frais qui ne seraient pas si élevés que ce qu'ils disaient, soit 9000 reais au lieu de 20000 .
Alors, Jeudi, grande surprise, j'entends " oh, oh, ola " dehors du bateau... Comme j'avais vu Didier de Piracanga, la veille, J'ai cru que c'était lui...,, Je sors du bateau, tout content d'une visite, et je vois trois marins en uniforme, qui se presentent de "la Capitania dos Portos", de la Marine Nationnale Bresilienne. Mon sang bouillonne, et tourne dans tous les sens, Je me dis " je suis bon pour la prison"....."Vous avez des papiers ? ", Heu, .....je suis en procédure d'enregistrement à la capitania dos portos , tenez, regardez, mes papiers.... Ils me demandent: Ilheus ou Salvador,je leur dis : Ilheus. Bon, vous avez un permis de conduire le bateau ?? " mais je ne conduis pas le bateau,  et desculpe, nao falla muito ben, e nao entende muito ben portugues, .... Ok , tudo bom . Et voila, ils sont partis. Mais bon, j'ai encore le coeur qui bat plus vite que la normale depuis ce matin. Et je me demande si la visite de la "marine" n'est pas en relation avec le "blocage" d'hier au sujet du terrain.???? Ce matin, vers 7h, un gars en canoe arrive contre le bateau, il est "fils de dieu" dit-il, je comprends vaguement qu'il veut me sauver, et que pour celà je dois lui donner mon annexe et son moteur. Tout ca ne me plait pas beaucoup. J'avais été tranquille jusqu'a présent, et maintenant j'ai l'impression qu'il se passe des trucs. Comme on m'avait dit que le "rapaze" qui sert d'intermédiaire pour le terrain, etait un "connard", je "paranoie" un peu. D'ici qu'il se soit vexé, et qu'avec la bande de disjonctés de son église il cherche a me créer des soucis.......?????

Et voila, j'ai "changé" de bateau. Le mien est reparti vers La guyane, tandis qu'un "Ami m'a donné un bateau du Brésil". La Capitania dos Portos a accepté le dossier de mon nouveau bateau que j'ai baptisé "Ao Acaso dos Signos". Ils m'ont remis un protocolo, hier 1er Aout. Et d'après eux dans quinze jours j'aurais les papiers définitifs sans problème.

Nous sommes le 11 Aout déjà, et depuis dix jours, rien de nouveau. Après une entrevue avec la propriétaire du terrain que je voudrais acheter, il a été clair qu'ils voulaient me faire payer les frais de géomètre, de mise à son nom du terrain...autant de frais qui lui incombent. J'ai dit "je paierais pas plus, et ils ont dit Ok, on fera le géomètre et le changement de propriété. Apparemment le géomètre est venu sur le terrain, les gardiens m'en ont parlé. Mais depuis, plus rien.J'ai commencé à voir d'autres terrains en vente.J'espère qu'ils le sauront.

18/08 Je me fais "balader" depuis quelques jours, pour voir des terrains, au bord du Rio,je vois de beaux arbres grandioses, des espaces sympas, mais toujours la mangrove, et cette eau "saugade" un peu salée, des espaces marécageux, pleins de moustiques. Les prix vont de 15000 reais ( 6000 euros) l'hectare, à 100000 reais, pour des propriétés problématiques. Ici, au Brésil, les "propriétés rurales" sont presque toujours des droits d'usage ou "posse" accordés par les états, dans le cadre d'une réforme agraire.Les brésiliens vendent leur droit d'usage comme si c'était des "propriétés pleines", et ce n'est pas tout à fait le cas, même si dans la réalité leur "propriété" semble rarement contestée par l'état......Mais qu'en est-il des étrangers ????

21/08 Je relisais un peu ce que j'avais écrit il y a déjà trois mois, et connaissant un peu mieux les lieux, je peux dire qu'il y a plusieurs endroits où un voilier peut rester ici à l'ancre sur le Rio das Contas, il y a en face du "forte" , enfin, l'endroit ou était ce "forte" qui n'existe plus,soit au bout de la plage de la Coroa; plus loin, à 2 miles en remontant le fleuve(la remontée n'est possible qu'à marée haute) on trouve assez de fond pour rester à l'ancre dans une grande courbe du fleuve coté tribord, avec une source d'eau potable. Un demi mile plus loin, on a 6m de fond à marée haute coté babord, et on peut trouver un autre endroit juste avant le pont à tribord ( toujours en montant)ce qui fait à 3 miles d'Itacaré. Voilà une petite mise à jour. En fait, j'ai remonté le Rio das Contas, hier, et j'ai commencé par m'ensabler en face du "Forte", le coin des pescadores. C'était maré montante, et j'ai bataillé une demi heure moteur a fond pour sortir de là , ensuite remontée tranquille avec des fonds de 2m50, a 3m50, dans le "canal" creusé par le fleuve; en dehors de ce "canal" invisible, des bancs de sable avec 1m, voire moins d'eau.Je me suis ensablé une deuxième fois après une grande courbe à gauche. Donc,on peut remonter ce Rio, mais en faisant attention, il y a aussi des cailloux, mais ils sont a des endroits ou il y a des avancées de roches et de terre visible. Il faut s'éloigner de ces "becs" qui dépassent et entrent un peu dans le fleuve.

03/09 C'est fait...ce que j'attendais depuis cinq mois est arrivé. J'ai enfin reçu la Carte Grise brésilienne pour mon bateau.Complètement légal, sans arnaque, magouille ou .....Bon il avait déjà son nouveau nom: "Ao Acaso dos Signos".

C'est décidé, après avoir vu tous les terrains "beira do rio", celui que j'avais vu l'an dernier est le plus beau.
Une colline d'où on peut voir le Rio das Contas, tous l'estuaire, et la mer au loin.
Reste que l'avocat de la vendeuse ne bouge pas, donc il faut qu'elle change d'avocat, qu'elle fasse l'inventaire de succession,
qu'elle ne voulait pas faire. Tout ça pour me vendre un "Posse", c'est à dire un droit d'usage sur un terrain appartenant à l'état brésilien. En France, jamais on achèterai ça. Ici, il semble qu'un "Posse" ait la valeur d'une propriété.
Ensuite, il faut parvenir à le titulariser. De toute façon, il n'y a pas trop le choix, tous les terrains à vendre sont
des "Posse". Et celui là, il y a un torrent d'eau minérale, avec des petites cascades,
Il se situe à l'entrée d'un site touristique assez visité, il y a déjà un petit restaurant rustique.
Il est en zone protégée par une APA "area de proteçao ambiental".


Nous sommes le 18 Octobre, bientot cinq mois que j'essaie d'acheter ce terrain, et j'apprend seulement maintenant, que les étrangers ne peuvent acheter un terrain en "posse". Le système de 'posse" a été créé dans le cadre de la réforme agraire, pour redistribuer des terres aux gens sans terre. Il s'agit d'une forme d'appropriation par "droit d'usage". C'est le gouvernement qui a travers une institution : "L'INCRA" , accorde des droits d'usage à des brésiliens qui en font la demande, soit parce qu'ils occupent déjà une terre abandonnée, ou parce qu'ils veulent en occuper une. Bien évidemment cette législation n'est pas destinée aux étrangers. Ces terrains restent propriété de l'état, mais peuvent donner lieu à obtention d'un véritable titre de propriété. Cependant des "posse" se vendent....................C'est le Brésil.

 

 

 

 

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